Vente immobilière

Frais de notaire : qui paie quoi lors d'une transaction immobilière ?

L'achat d'un bien immobilier s'accompagne inévitablement de frais d'acquisition, communément appelés « frais de notaire ». Mais que recouvrent-ils vraiment et qui doit s'en acquitter ? Ce guide complet décrypte chaque euro versé pour sécuriser votre transaction.

Julien Gabrielli

26/01/2026

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Comprendre la nature réelle des frais de notaire

Contrairement à une idée reçue très répandue, l'intégralité de ce que l'on appelle les frais de notaire ne finit pas dans la poche de l'officier public. En réalité, le terme exact devrait être 'frais d'acquisition'. Le notaire agit ici comme un collecteur d'impôts pour le compte de l'État et des collectivités locales. Près de 80 % de la somme versée est reversée au Trésor Public sous forme de taxes.

La décomposition de ces frais se divise en trois piliers : les droits de mutation (taxes), les débours (frais avancés par le notaire pour obtenir les documents nécessaires comme le cadastre) et enfin les émoluments (la rémunération réelle du notaire, fixée par la loi). Cette distinction est cruciale car elle permet de comprendre pourquoi ces frais varient peu d'une étude à l'autre, étant largement encadrés par des barèmes nationaux.

Sur 10 000 € de frais de notaire, seuls environ 1 500 € correspondent à la rémunération du notaire, le reste étant composé de taxes et de remboursements de frais administratifs.

La règle générale : l'acheteur supporte les frais

Le principe du paiement par l'acquéreur

Selon l'article 1593 du Code civil, les frais d'actes et autres accessoires à la vente sont à la charge de l'acheteur. C'est donc à celui qui acquiert le bien immobilier de prévoir cette enveloppe supplémentaire au prix de vente net vendeur. Ce montant doit généralement être versé le jour de la signature de l'acte authentique de vente.

L'exception de la vente 'acte en mains'

Il existe toutefois une exception contractuelle : la clause acte en mains. Dans ce cas de figure, le vendeur accepte de prendre à sa charge les frais de notaire initialement dus par l'acheteur. Cette pratique est couramment utilisée par les promoteurs immobiliers ou les vendeurs pressés pour rendre leur bien plus attractif.

Attention cependant, si vous optez pour cette solution, la base taxable pour les impôts reste le prix de vente global. Il est impératif que cette volonté soit clairement stipulée dès le compromis ou la promesse de vente pour éviter tout litige ultérieur.

Ce que le vendeur doit tout de même payer

Bien que l'acquéreur paie les frais de mutation, le vendeur n'est pas totalement exonéré de frais lors d'une transaction. Plusieurs postes de dépenses restent à sa charge exclusive. En premier lieu, les diagnostics immobiliers obligatoires (DPE, électricité, gaz, amiante, etc.) doivent être financés par le vendeur afin d'informer l'acheteur sur l'état du bien.

De plus, si le bien est grevé d'une hypothèque, les frais de mainlevée sont à la charge du vendeur. Il s'agit de l'acte par lequel le vendeur libère le bien de l'hypothèque pour que l'acheteur puisse l'acquérir libre de toute charge. Enfin, les éventuelles taxes sur la plus-value immobilière sont directement prélevées par le notaire sur le prix de vente revenant au vendeur.

Le coût d'une mainlevée d'hypothèque représente environ 0,3 % à 0,5 % du montant du prêt initial.

Différence entre immobilier ancien et immobilier neuf

L'immobilier ancien : le taux standard

Dans l'ancien (logements ayant déjà fait l'objet d'un transfert de propriété ou achevés depuis plus de 5 ans), les frais de notaire se situent entre 7 % et 8 % du prix d'achat. Cette part élevée s'explique par les droits d'enregistrement départementaux qui ont été augmentés dans la quasi-totalité des départements français.

L'immobilier neuf : les frais réduits

L'un des avantages majeurs de l'achat dans le neuf (en VEFA par exemple) est la réduction drastique des frais de notaire. Ceux-ci tombent à environ 2 % ou 3 % du prix de vente. Pourquoi une telle différence ? Parce que les droits de mutation sont très faibles dans le neuf, la transaction étant déjà soumise à la TVA (généralement 20 % incluse dans le prix de vente).

Sur un achat de 300 000 €, l'économie entre l'ancien et le neuf peut atteindre plus de 15 000 €. Un argument de poids lors de la négociation de votre prêt.

Comment optimiser et réduire les frais de notaire ?

Il est possible de faire baisser la facture légalement par deux méthodes principales. La première consiste à déduire le mobilier. Si le bien est vendu avec une cuisine équipée, de l'électroménager ou des meubles, vous pouvez déduire leur valeur du prix de vente avant de calculer les frais de notaire. Cela nécessite un inventaire précis et une estimation cohérente (généralement plafonnée à 5 % du prix du bien).

La seconde méthode concerne les frais d'agence immobilière. Si le mandat prévoit que la commission est à la charge de l'acquéreur, les frais de notaire ne seront calculés que sur le prix net vendeur, et non sur le prix frais d'agence inclus (FAI). Cela permet d'économiser quelques centaines, voire milliers d'euros sur les droits de mutation.

Le rôle du notaire au-delà de la perception des frais

Le notaire est le garant de la sécurité juridique de votre achat. Pour justifier ses émoluments, il réalise un travail d'investigation colossal : vérification de l'origine de propriété sur 30 ans, purge des droits de préemption urbains, vérification de l'absence de servitudes ou d'hypothèques cachées. C'est sa signature qui rend l'acte incontestable.

En conclusion, bien que la charge financière repose principalement sur l'acheteur, une bonne compréhension de la répartition et des mécanismes de calcul permet de mieux anticiper son financement et d'éviter les mauvaises surprises au moment de la signature finale.

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